Protection des matières premières critiques : le Canada prend les choses au sérieux

8. novembre 2022 | Politique

Plusieurs entreprises chinoises doivent renoncer à leurs investissements dans le secteur minier canadien.

Le Canada veut mieux protéger son industrie extractive nationale. La semaine dernière, le gouvernement a adopté des directives plus strictes concernant les investissements des entreprises publiques étrangères dans ce secteur. Les premiers effets de cette politique viennent d’être ressentis par trois entreprises chinoises : pour des raisons de sécurité nationale, le Canada leur a ordonné de renoncer à leurs investissements dans des entreprises minières canadiennes, rapporte l’agence de presse Reuters.

Les entreprises concernées sont Sinomine et Chengze Lithium, dont le siège est à Hong Kong, ainsi que Zangge Mining de Chengdu. Selon le ministre canadien de l’Industrie François-Philippe Champagne, cette décision a été précédée d’un examen rigoureux par les services de sécurité et de renseignement nationaux. Pour la mise en place de chaînes d’approvisionnement résistantes, on souhaite à l’avenir collaborer avec des partenaires partageant les mêmes idées.

Le Canada veut devenir un producteur de matières premières de premier plan

Le Canada dispose de riches gisements de minéraux critiques tels que les terres rares et le lithium et veut devenir un producteur de premier plan. Les matières premières étant nécessaires aux technologies vertes telles que l’électromobilité et l’énergie éolienne, on s’attend à une forte croissance de la demande dans les décennies à venir en raison des objectifs mondiaux de protection du climat. Jusqu’à présent, la Chine est l’un des plus grands fournisseurs sur le marché mondial. Face aux tensions géopolitiques croissantes, les États-Unis, l’UE, le Japon et d’autres pays souhaitent devenir moins dépendants des importations chinoises.

L’entreprise chinoise Sinomine exploite une autre mine au Canada

Selon le journal Global Times, proche de l’Etat, les trois entreprises chinoises veulent examiner leurs options. La décision du Canada n’aura toutefois qu’un impact limité sur leurs activités, poursuit le journal. Sinomine exploite par ailleurs une autre mine au Canada, la mine de Tanco. Après une pause de plus de dix ans, l’extraction de lithium y a repris en décembre dernier, écrit le Canadian Mining Journal, cette fois sous direction chinoise.

Photo: iStock/jasonbennee

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