Le chancelier allemand Scholz en Chine : « Réduire les dépendances unilatérales ».

8. novembre 2022 | Politique

Une visite d’Etat controversée, entre interdépendance économique et intérêts contradictoires. L’Allemagne dépend particulièrement de la Chine pour les terres rares.

Le chancelier allemand Olaf Scholz est arrivé vendredi en Chine avec une délégation économique de haut niveau pour une visite d’État. Il s’agit non seulement de la première visite d’un chef de gouvernement occidental depuis le début de la pandémie de Corona, mais aussi depuis la confirmation du troisième mandat de Xi Jinping. Le chef de l’État chinois a ainsi consolidé sa revendication de pouvoir lors du congrès du parti il y a deux semaines.

C’est notamment ce timing qui a déclenché des critiques massives à l’encontre de ce voyage. L’Allemagne doit réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, surtout après l’expérience des importations d’énergie russe, a-t-on entendu dans l’opposition comme dans la propre coalition gouvernementale de Scholz. Une partie de l’économie allemande et des partenaires internationaux ont exprimé le même avis. Les craintes ont été alimentées par le projet d’entrée du groupe public chinois Cosco dans le port de Hambourg, pour lequel Scholz s’était engagé. A l’inverse, la Chine n’autorise qu’exceptionnellement les participations étrangères dans ses infrastructures.

« La Chine reste un partenaire important »

Le voyage de Scholz se situe par conséquent à la croisée des chemins entre des interdépendances économiques étroites et des intérêts contradictoires. Ce difficile exercice d’équilibre se reflète dans son article d’invité pour Politico. La Chine reste un partenaire important, dit-il, mais si la République populaire change, les relations avec le pays doivent également changer. Le chancelier n’a donc pas éludé les « controverses » telles que les questions des droits de l’homme et les tensions autour de Taiwan lors des entretiens à Pékin. Il s’est néanmoins prononcé contre un découplage économique – les dépendances unilatérales, par exemple pour les terres rares et certaines technologies d’avenir, devraient toutefois être réduites. C’est également ce que demandent des associations économiques comme le BDI et le BGA ainsi que des instituts de recherche comme l’Institut der Deutschen Wirtschaft.

De nombreuses importations allemandes en provenance de Chine sont remplaçables, a déclaré Jörg Wuttke, le président de la chambre de commerce de l’UE en Chine, à CNBC. A l’inverse, la Chine dépend également de l’Allemagne pour ses exportations. Wuttke a toutefois convenu qu’il était urgent de diversifier l’approvisionnement dans certains domaines comme les terres rares et les produits pharmaceutiques de base. Les entreprises allemandes ont raison d’élargir leurs chaînes d’approvisionnement, écrit également Scholz dans son article, le gouvernement fédéral les soutient par exemple par de nouveaux partenariats pour les matières premières.

D’autres pays adoptent une position plus dure vis-à-vis de la Chine

Pendant ce temps, de nombreux partenaires internationaux de l’Allemagne adoptent une position nettement plus stricte vis-à-vis de la Chine. Comme nous l’avons rapporté, le Canada a ordonné à trois entreprises chinoises de retirer leurs investissements dans des entreprises minières canadiennes. Les États-Unis ont adopté une approche particulièrement restrictive, en limitant notamment l’accès de la Chine aux puces semi-conductrices fabriquées avec des équipements américains. En outre, les entreprises technologiques américaines financées par des fonds fédéraux ne sont plus autorisées à développer des technologies de pointe en Chine.

Photo : iStock/Rawf8

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