Pénurie, surcapacité et surstocks – la crise des semi-conducteurs devient curieuse

10. novembre 2022 | Économie

Une étude de Roland Berger prévoit une pénurie de puces pour les entreprises automobiles et industrielles malgré une baisse de la demande.

Le cabinet de conseil Roland Berger a présenté une étude sur la situation de l’approvisionnement en puces semi-conductrices. Il en ressort une image très différente selon les secteurs. Alors que depuis le début de la pandémie, c’est surtout l’industrie du divertissement qui a poussé la demande de puces modernes, la demande d’ordinateurs et de téléviseurs a massivement diminué au cours du deuxième semestre 2022. Il en résulte une offre excédentaire sur le marché et des stocks importants du côté des clients industriels. On pourrait penser qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour les constructeurs automobiles, fortement touchés par les pénuries de puces, mais c’est loin d’être le cas : selon l’étude, les semi-conducteurs utilisés dans l’électronique automobile et industrielle sont principalement d’ancienne génération. Les mesures gouvernementales telles que le European Chip Act ou le US Chips and Science Act ne pourraient pas améliorer la situation actuelle de ces secteurs, car c’est surtout la production de composants de la dernière génération qui est encouragée.

Les auteurs de l’étude prévoient donc une situation d’approvisionnement tendue dans un avenir prévisible. « Nous sommes dans une situation inhabituelle où nous enregistrons à la fois des pénuries, des surcapacités et des surstocks de semi-conducteurs », résume Thomas Kirschstein, partenaire chez Roland Berger, à propos de la situation actuelle.

Afin de mettre en place des chaînes d’approvisionnement robustes à long terme, Roland Berger conseille notamment de conclure des partenariats avec les fabricants de puces semi-conductrices et d’adopter une stratégie d’approvisionnement avec plusieurs sources d’approvisionnement.

Photo : iStock/Trifonov_Evgeniy

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