Analyse : L’Allemagne n’atteint pas ses objectifs pour l’hydrogène

10. novembre 2022 | Économie

Le groupe énergétique E.ON demande un changement rapide de cap pour que l’hydrogène prenne son essor.

Dans la lutte contre le changement climatique, il est considéré comme l’un des grands espoirs : l’hydrogène vert doit permettre de rendre climatiquement neutre une grande partie de l’industrie et du trafic lourd. Le gaz est produit par électrolyse à partir d’énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Dans le cadre de sa stratégie nationale pour l’hydrogène, le gouvernement allemand promeut cette technologie d’avenir. Mais une analyse du groupe énergétique E.ON montre aujourd’hui que l’Allemagne n’est pas suffisamment préparée à la montée en puissance de l’économie de l’hydrogène.

En l’état actuel des choses, le gouvernement fédéral n’atteint qu’une bonne moitié de ses objectifs en matière d’hydrogène pour 2030. Si l’on tient compte de tous les projets prévus d’ici là, la capacité d’électrolyse ne sera que de 5,6 gigawatts (GW), alors que l’objectif est de 10 GW. On constate également un grand écart dans les besoins d’importation : en partant de l’étude directrice de la dena, qui se base sur des besoins en hydrogène de 66 térawattheures d’ici 2030, les besoins d’importation s’élèvent – à ce jour – à 50,5 térawattheures. Cela correspond à peu près à la consommation mensuelle de gaz naturel en Allemagne en septembre 2022.

Réseau de transport pour l’hydrogène : seulement une fraction du réseau de gaz allemand

En outre, l’infrastructure de transport fait défaut, poursuit E.ON. Actuellement, il n’existe que 417 kilomètres de réseaux d’hydrogène, soit moins de 0,1 pour cent du réseau de gaz allemand.
Tous les calculs se basent sur les données de l’Institut d’économie énergétique de l’université de Cologne (EWI).
« Notre compétitivité et la réussite de la montée en puissance de l’hydrogène dépendent de la rapidité avec laquelle les bons jalons sont posés en matière de politique et de réglementation », déclare Patrick Lammers, membre du directoire de E.ON. Il faut notamment une définition de l’hydrogène vert à l’échelle de l’UE pour encourager les décisions d’investissement. En outre, l’environnement de promotion en Allemagne n’est pas mûr et les procédures d’autorisation pour la production et l’importation d’hydrogène doivent être massivement accélérées.
E.ON veut désormais publier son bilan H2 tous les six mois afin de montrer l’état actuel de la montée en puissance de l’hydrogène.

Photo : iStock/Scharfsinn86

énergies renouvelables 2030