Approvisionnement en matières premières en Europe : le temps presse

27. avril 2022 | Marché

La transition énergétique s’accompagne d’un besoin massif en matières premières. Selon une nouvelle étude, l’UE risque même d’être confrontée à moyen terme à des pénuries d’approvisionnement en métaux critiques comme le lithium et les terres rares.

L’Europe doit rapidement développer son approvisionnement en matières premières critiques afin d’atteindre ses objectifs climatiques – telle est la conclusion d’une étude (PDF) de l’Université catholique (KU) de Louvain en Belgique. En effet, la plupart des technologies et des produits nécessaires à un développement durable de l’énergie et des transports reposent sur des minéraux et des métaux critiques. La construction d’éoliennes et de voitures électriques, par exemple, nécessite entre autres de l’aluminium, du cuivre et des aimants permanents en métaux de terres rares comme le néodyme et le praséodyme. Pour les véhicules électriques, il faut encore ajouter des matières premières pour les batteries comme le lithium et le cobalt.

Les besoins en matières premières correspondantes augmentent et la transition énergétique mondiale progresse plus rapidement que le nombre de projets miniers pour l’extraction des métaux nécessaires, indique l’étude. Les auteurs estiment qu’à partir de 2030, l’approvisionnement mondial en lithium, cobalt, nickel, terres rares et cuivre pourrait être insuffisant. Par rapport à la consommation actuelle, l’Europe aura besoin de 35 fois plus de lithium pour atteindre son objectif de neutralité climatique d’ici 2050, de 7 à 26 fois plus de métaux de terres rares et de 3,5 fois plus de cobalt.

L’Europe doit développer de nouvelles sources de matières premières durables

Même si l’étude conclut également que l’Europe pourrait couvrir une grande partie de ses besoins à partir de 2040 grâce au recyclage, à condition d’effectuer les investissements nécessaires. Mais d’ici là, des quantités croissantes de matières premières primaires seraient nécessaires. Afin de prévenir les pénuries et de ne pas risquer de dépendre à nouveau de fournisseurs non durables, l’Europe pourrait développer la production nationale de matières premières. Toutefois, des projets de ce type rencontrent généralement une certaine résistance, comme à Matamulas en Espagne. Il serait également possible d’investir dans des mines en dehors de l’Europe, en respectant des normes environnementales élevées.

Actuellement, l’Europe achète la plupart de ses terres rares et de ses matières premières pour batteries, comme le lithium et le cobalt, en Chine. Les composants finis tels que les cellules solaires sont également importés en grande partie de la République populaire. Pour l’approvisionnement en aluminium, nickel et cuivre, l’Europe est fortement dépendante de la Russie. L’étude cite de nouvelles sources de matières premières qui pourraient réduire les déficits d’importation si elles se concrétisent, comme Norra Kärr en Suède, où sont stockées des terres rares inexploitées. Ces gisements pourraient couvrir 80 pour cent des besoins en dysprosium et 40 pour cent des besoins en néodyme et en praséodyme en Europe en 2030. Il ne reste toutefois qu’une petite fenêtre de deux ans pour faire avancer les projets correspondants.

L’étude a été commandée par l’association européenne Eurometaux, qui regroupe des producteurs et des recycleurs de métaux non ferreux. Elle se réfère à l’avertissement de l’Agence internationale de l’énergie de 2021 sur le risque de pénurie d’approvisionnement et fournit des chiffres spécifiques à l’UE pour les métaux nécessaires à l’abandon des combustibles fossiles.

Photo: iStock/Hello my names is james,I’m photographer.

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