Le renoncement de Tesla aux terres rares : Quelles conséquences pour l’industrie ?

par | 7. mars 2023 | Technologies

Adamas Intelligence prévoit une forte augmentation de la demande d’aimants permanents, la production ne suit pas.
Le constructeur de voitures électriques Tesla avait annoncé qu’il renonçait à l’avenir à l’utilisation de terres rares et de carbure de silicium, un matériau semi-conducteur. Cette annonce a fait chuter entre-temps fortement les cours des actions des entreprises de ces secteurs. Mais au moins en ce qui concerne les terres rares comme le néodyme ou le dysprosium, les réactions violentes du marché devraient être largement infondées, comme le suggère un rapport de la société de conseil Adamas Intelligence. Si Tesla renonçait systématiquement à l’utilisation d’aimants néodyme-fer-bore (NdFeB), le marché global ne perdrait que deux à trois pour cent environ, indique le rapport. Parallèlement, Adamas Intelligence prévoit que la demande mondiale de NdFeB triplera d’ici 2035, mais que la production ne fera que doubler au cours de la même période. La plus grande demande proviendrait de toute façon du développement de l’énergie éolienne, l’industrie automobile ne jouant qu’un rôle secondaire.

Plus de voitures électriques rendent le recyclage plus attrayant

Les applications des aimants NdFeB sont cependant loin d’être épuisées. L’efficacité de ce matériau est mise à profit partout où la compacité et le poids sont des facteurs décisifs. Les aimants en terres rares auraient donc un avantage sur l’alternative la plus probable de Tesla pour le moteur de traction : la ferrite. Le constructeur de voitures électriques n’a pas confirmé cette hypothèse d’Adamas, mais a promis, dans le cadre d’une réunion d’investisseurs, d’améliorer son bilan environnemental par rapport à l’utilisation de terres rares. Adamas Intelligence évalue ce point de manière nettement plus nuancée, car les effets sur l’homme et l’environnement se sont améliorés au cours des dernières années.

Des progrès notables ont également été réalisés dans le domaine du recyclage. Ainsi, le groupe automobile japonais Nissan est parvenu, lors d’expériences, à récupérer 98 pour cent des terres rares utilisées dans un moteur électrique. Compte tenu de la forte augmentation du nombre de voitures électriques qui seront recyclées à l’avenir, la mise en place d’une économie circulaire pour les ressources qu’elles contiennent joue un rôle important. Adamas attire l’attention sur le grand nombre de nouveaux acteurs du marché qui ont découvert le recyclage comme modèle d’entreprise et le font progresser. De nouvelles options pour l’approvisionnement dans l’industrie des voitures électriques sont donc prêtes, estime le cabinet de conseil.

Photo : iStock/xiao zhou

PUB