Duisbourg devient un laboratoire expérimental pour la transition énergétique dans l’industrie

18. novembre 2021 | Technologies

A Duisbourg, on cherche des moyens de rendre le secteur de l’acier plus écologique. L’hydrogène devrait remplacer le charbon à l’avenir.

30 pour cent des émissions industrielles de dioxyde de carbone (CO2) en Allemagne sont dues à la production d’acier. Les hauts fourneaux modernes sont toutefois déjà tellement optimisés que les émissions de ce gaz nuisible au climat ne peuvent plus être réduites de manière significative, comme l’écrit le centre de recherche de Jülich. La raison en est l’utilisation d’agents réducteurs contenant du carbone, qui sont utilisés dans les fours pour obtenir de la fonte brute à partir du minerai de fer, laquelle est nécessaire comme produit de base pour la fabrication de l’acier.

C’est là qu’intervient le projet H2Stahl, basé à Duisbourg, dont le lancement a été annoncé par le ministère fédéral de l’Économie. Thyssenkrupp Steel, Air Liquide et le VDEh-Betriebsforschungsinstitut GmbH, une organisation commune de l’industrie sidérurgique allemande, participent à ce projet prévu pour cinq ans.

Le H2 dans le nom du projet désigne le vecteur énergétique hydrogène, qui remplace partiellement le charbon comme agent de réduction dans l’installation expérimentale. Cela permet déjà de réduire considérablement les émissions de gaz nocifs pour le climat. C’est ce qu’on appelle l’hydrogène vert. Celui-ci est produit par électrolyse de l’eau en utilisant de l’énergie renouvelable.
Une autre étape vers la production d’acier neutre en CO2 est la réduction directe, également étudiée par les partenaires du projet. Dans ce cas, on renonce totalement au charbon.

Outre l’hydrogène, l’aptitude d’autres gaz à être utilisés dans les processus est également testée à Duisbourg. On espère ainsi développer une technologie de transition permettant de passer sans transition à l’hydrogène vert. Celui-ci ne sera pas disponible en quantité suffisante dans un avenir proche, car les capacités de production sont limitées dans le pays, comme l’a fait remarquer le gouvernement fédéral dans sa stratégie pour l’hydrogène présentée en 2020. L’Allemagne misera donc en plus sur des coopérations et des partenariats internationaux*.

Le projet H2Stahl est financé par le gouvernement fédéral à hauteur d’environ 37 millions d’euros.

*Lire également notre article sur la coopération sur l’hydrogène entre l’Allemagne et plusieurs pays africains.

Photo: iStock/zhaojiankang

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