Projet commun sur l’hydrogène

17. novembre 2021 | Marché

Les émissions néfastes pour le climat dans l’industrie et les transports peuvent être réduites grâce à l’utilisation de l’hydrogène. Cependant, les capacités de production du vecteur énergétique ou des porteurs d’espoir ne semblent guère suffisantes en Allemagne. L’Afrique, elle, offre des perspectives.

« L’hydrogène vert », produit de manière durable, doit devenir un élément central de la transition énergétique en Allemagne, comme on peut le lire dans la stratégie nationale concernant l‘hydrogène présentée en 2020. Ce gaz est produit par électrolyse, qui consiste à séparer l’eau en ses composants – oxygène et hydrogène – à l’aide d’électricité provenant d’énergies renouvelables. L’hydrogène est un excellent moyen de stockage de l’énergie, car un kilogramme d’hydrogène fournit autant d’énergie que 2,8 kilogrammes d’essence, comme l’écrit l’Initiative Helmholtz pour le climat.

Afin de créer un « marché intérieur » pour la technologie de l’hydrogène en Allemagne, tel que le prévoit le document de stratégie, il convient de construire des installations d’électrolyse et de développer l’utilisation de l’hydrogène dans l’industrie. Ce gaz est déjà une matière première importante dans l’industrie chimique et la production d’acier, mais on utilise ici l’hydrogène produit principalement à partir d’énergie fossile. Le stockage et le transport de la source énergétique sont également d’une importance capitale. Il s’agira notamment d’examiner si le réseau de gaz naturel existant peut être converti en réseau d’hydrogène.

Le gouvernement allemand espère que la mise en œuvre de la stratégie de l’hydrogène aura un effet déclencheur qui incitera d’autres pays à suivre son exemple. L’Allemagne ne pourra pas répondre à la demande d’hydrogène qu’elle s’est fixée comme objectif de production sur son territoire (jusqu’à 110 térawattheures d’ici à 2030), peut-on lire dans le document. Grâce à l’énergie éolienne dans le nord de l’Europe ou à l’énergie photovoltaïque dans le sud du continent, l’énergie nécessaire à la production d’hydrogène est clairement disponible ou peut être développée. Néanmoins, le gouvernement fédéral examine le potentiel d’autres régions pour le projet, et cite notamment l’Afrique.

L’hydrogène vert, une opportunité pour l’Afrique

Coordonné par le centre de recherche Jülich et financé par le ministère fédéral de l’éducation et de la recherche (BMBF), le projet « H2 Atlas Africa » identifie des sites appropriés pour la production d’hydrogène respectueuse de l’environnement.

La Namibie est considérée comme particulièrement adaptée. Le pays situé au sud-ouest de l’Afrique peut marquer des points non seulement avec l’énergie éolienne, mais aussi avec l’énergie solaire. En effet, elle compte presque deux fois plus d’heures d’ensoleillement que l’Allemagne, comme l’a constaté la ministre fédérale de la recherche, Anja Karliczek, à l’occasion d’un partenariat pour l’hydrogène conclu fin août. Son ministère financera la coopération dans le cadre de ce partenariat à hauteur de 40 millions d’euros.

En plus des études de faisabilité et des projets pilotes, par exemple sur la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau de mer, le transfert de connaissances entre les pays va être développé. Des programmes d’échange dédiés aux étudiants et aux professionnels ainsi que des programmes de bourses pour les étudiants namibiens sont également prévus. La Namibie veut couvrir sa propre demande avant 2025 afin de produire suffisamment d’hydrogène vert et pouvoir ensuite l’exporter.

Il s’agit là d’un point crucial, car la stratégie de l’hydrogène consacre le principe selon lequel la production et l’exportation ne doivent pas se faire au détriment des pays. Ce n’est que lorsqu’un pays peut produire durablement son propre besoin en hydrogène que l’exportation à l’étranger a un sens. L’offre d’énergie renouvelable, souvent peu développée, pourrait sinon créer « des incitations à investir dans des sources d’énergie fossile supplémentaires sur place », précise le document stratégique. Les participants au projet « H2 Atlas Africa » tiennent donc compte des aspects techniques et économiques, mais aussi sociaux, dans la recherche de sites appropriés pour les projets liés à l’hydrogène.

Le développement d’une économie de l’hydrogène respectueuse de l’environnement en Afrique serait un élément important pour le succès des efforts mondiaux dans la lutte contre le réchauffement climatique. La population du continent ne cesse d’augmenter et l’industrialisation croissante entraîne également une hausse rapide du besoin en énergie. Dans le même temps, l’Afrique est touchée de manière disproportionnée par les impacts du changement climatique, comme le montre une étude récente. Il faut donc agir rapidement, comme le souligne Obeth M. Kandjoze, président du Conseil namibien pour l’hydrogène. Deux tiers de l’électricité proviennent de l’hydroélectricité. Les sécheresses de longue durée, prévues par les climatologues, menacent ce type d’alimentation en électricité dans le pays le plus sec d’Afrique subsaharienne.

La participation au marché international de l’énergie offre également une perspective « de renforcement des capacités nécessaires à une croissance propre et durable », comme l’indique Norbert Osterwinter de la fondation Bertelsmann. Les régions deviendraient alors d’autant plus attrayantes pour les investisseurs et le marché des capitaux. Il est essentiel que tous les projets soient des partenariats d’égal à égal, souligne le coordinateur du projet « H2 Atlas Africa », Solomon Nwabueze Agbo.

Photo: iStock/butenkow

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