Le Japon veut réglementer strictement l’accès à ses propres gisements de terres rares

23. décembre 2021 | Marché

Seules des entreprises sélectionnées par l’Etat seront autorisées à participer à l’extraction de matières premières critiques dans les eaux japonaises.

Avec une proposition de loi publiée cette semaine, le Japon veut réglementer strictement l’accès aux gisements de terres rares dans sa zone économique exclusive (ZEE). Comme le rapporte Nikkei Asia, seules les entreprises minières autorisées par le ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie seront autorisées à extraire les terres rares qui s’y trouvent. Les ZEE, ou zones de 200 milles nautiques, accordent, selon l’article 55 de la Convention sur le droit de la mer, des droits souverains limités à un Etat côtier qui les borde, y compris l’exploitation exclusive des ressources présentes.

Les gisements de terres rares du Japon n’ont été découverts qu’en 2013 et ne sont pas encore couverts par le code minier. Selon la revue spécialisée Nature, ils se trouvent à proximité de l’île corallienne de Minami-Torishima, à une profondeur de 6.000 mètres. Pour l’exploitation commerciale de ces matières premières et d’autres, un port est en cours de construction sur l’île, dont l’achèvement est prévu pour le printemps 2022, comme l’a rapporté The Japan News au début de l’année.

Dans le cadre de l’amendement de la loi, la Japan Oil, Gas and Metals National Corp. (JOGMEC) aura la possibilité de soutenir la transformation des matières premières extraites dans son pays par des investissements et des garanties de crédit pour les raffineries, poursuit Nikkei Asia. Actuellement, les règles du JOGMEC ne permettent d’aider que les raffineries situées à l’étranger, principalement en Chine. Les installations de traitement des terres rares devraient rendre les chaînes d’approvisionnement moins vulnérables aux perturbations.

En août, le pays avait déjà annoncé son intention de surveiller plus étroitement les investissements étrangers dans l’industrie des terres rares et des métaux technologiques, afin de les protéger de la mainmise de la Chine (nous en avons parlé). C’est probablement la raison de la nouvelle loi qui devrait être votée au début de l’année.

Photo : iStock/wataru aoki

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