Chaînes d’approvisionnement et semi-conducteurs : les États-Unis et l’UE approfondissent leur coopération

17. mai 2022 | Marché

Pour les produits de haute technologie et les technologies vertes, les Etats-Unis et l’UE dépendent fortement des matières premières et des composants électroniques chinois. Le Conseil conjoint du commerce et de la technologie veut changer cela.

De dimanche à lundi, le Conseil du commerce et de la technologie (TTC) de l’UE et des États-Unis s’est réuni à Paris. Cet organe, créé en 2021, a pour objectif de promouvoir des intérêts commerciaux communs et de coopérer sur des technologies mondiales importantes. Le conseil d’administration est composé de trois ministres américains et de trois commissaires européens, et il existe également plusieurs groupes de travail. Lors de la réunion, l’accent a été mis non seulement sur de nouvelles sanctions contre la Russie, mais aussi sur une plus grande indépendance économique vis-à-vis de la Chine.

Il ressort de la déclaration finale commune que les chaînes d’approvisionnement pour les aimants en terres rares, les modules solaires et les puces semi-conductrices doivent être diversifiées, rapporte la Deutsche Welle (DW). La Chine est le leader mondial de l’extraction et de la transformation des terres rares ainsi que des aimants permanents qui en sont issus. Selon l’institut Fraunhofer (PDF), près de 70 pour cent des cellules solaires y sont également produites. En ce qui concerne les semi-conducteurs, la République populaire est avant tout un fournisseur important des matières premières sous-jacentes comme le silicium et le gallium.

Système d’alerte précoce pour les pénuries de semi-conducteurs

Le comité a également annoncé la mise en place d’un système d’alerte précoce pour les pénuries potentielles de semi-conducteurs, écrit le Handelsblatt. Peu après le début de la pandémie Corona, une crise mondiale des semi-conducteurs avait éclaté, entraînant jusqu’à aujourd’hui des pertes de production dans l’industrie automobile et électronique. Aussi bien les Etats-Unis que l’Europe investissent actuellement fortement dans leur propre production de puces, selon le Handelsblatt. Afin d’éviter une course aux subventions, un échange d’informations sur les aides correspondantes est prévu entre les partenaires du TTC.

Selon le Süddeutsche Zeitung, le document final indique en outre qu’après les Etats-Unis, l’UE souhaite bientôt interdire l’importation de marchandises dont la production fait appel au travail forcé. Cela pourrait concerner les panneaux solaires fabriqués dans la province chinoise ouïgoure du Xinjiang. Les fournisseurs alternatifs du secteur solaire devraient être encouragés à cet effet, comme les Etats-Unis le font par exemple en Inde.

La commissaire européenne Margrethe Vestager a souligné selon la DW que le TTC ne devait pas être un « conseil anti-chinois ». On essaie de promouvoir une relation nuancée avec la République populaire. La Chine est certes un rival systémique et un concurrent économique, mais aussi un partenaire, par exemple dans la lutte contre le changement climatique.

Photo : iStock/Oleksii Liskonih

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