Le secrétaire d'État au Trésor tente d'arrondir les angles. Le contrôle des exportations de matières premières est un sujet central.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, est arrivée en Chine vendredi. Cette visite de quatre jours a pour but d'approfondir la communication entre les deux pays, mais elle s'inscrit dans le contexte des mesures de contrôle des exportations de gallium et de germanium annoncées lundi par la Chine. Ces deux métaux sont nécessaires pour toute une série d'applications allant de l'industrie solaire au secteur de la défense. Dès le premier jour, la ministre a précisé la position de son gouvernement, affirmant qu'il rechercherait une concurrence saine avec la Chine, mais qu'il collaborerait avec ses alliés pour lutter contre les pratiques économiques déloyales.
S'adresser aux entreprises américaines En ce qui concerne les entreprises de la République populaire, elle a déclaré que l'impact des contrôles à l'exportation annoncés lundi était encore en cours d'évaluation, mais qu'ils soulignaient une fois de plus l'importance de chaînes d'approvisionnement fiables. Toutefois, a-t-elle ajouté, il ne s'agit pas de découplage, mais de diversification. Le découplage des deux plus grandes économies du monde aurait des effets dévastateurs, a déclaré Mme Yellen. Sans compter que cette entreprise serait tout simplement impossible à réaliser.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint un niveau record l'année dernière, a-t-elle déclaré, malgré les tensions politiques qui se sont intensifiées ces dernières années. Les efforts déployés par les États-Unis pour empêcher l'industrie chinoise des puces d'atteindre les niveaux de la Corée du Sud ou de Taïwan sont au cœur de ces tensions. En conséquence, on soupçonne que les exigences plus strictes en matière d'exportation de gallium et de germanium constituent une mesure de rétorsion. Le ministère chinois du commerce réfute cette impression. Les contrôles ne visent aucun pays en particulier. Agence de presse AFP cite une porte-parole. Elle a également précisé qu'aucune interdiction d'exportation n'avait été imposée, mais que les licences nécessaires seraient délivrées si les règles étaient respectées.
Entre-temps, l'agitation provoquée par les mesures annoncées par la Chine donne des indications intéressantes sur les stratégies des différents pays en matière de produits de base. Le ministère américain de la défense, par exemple, possède ses propres stocks de germanium, mais pas de gallium, selon un porte-parole du Pentagone. La société sud-coréenne KOMIR (Korea Mine Rehabilitation and Mineral Resources Corporation), responsable des matières premières, dispose en revanche de suffisamment de gallium pour quarante jours. Le pays est viser un approvisionnement de cent jours de 33 matières premières critiques à moyen terme. Japon travaille également à l'élaboration d'une stratégie similaire, qui pourrait à son tour servir d'exemple à d'autres pays. modèle pour l'Union européenne.
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