Suivez-nous sur :

jeudi 16 juillet 2026

Recherche
Fermer cette boîte de recherche
G7

Constitution de stocks, recyclage, objectifs : le G7 prévoit de donner un coup de fouet au secteur des minéraux critiques

PARTAGER

Ce groupe de pays a pour objectif de réduire considérablement sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs spécifiques pour les terres rares et les aimants permanents.

Les pays du G7 prévoient de renforcer leur coopération dans le domaine des minéraux critiques et de réduire leur dépendance vis-à-vis des importations. Les dirigeants de ce groupe de grandes économies industrialisées se sont mis d'accord sur ces mesures lors de leur réunion à Évian-les-Bains, en France.

Plus précisément, le G7 souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs individuels de terres rares et d’aimants permanents fabriqués à partir de celles-ci. D’ici 2030, aucun fournisseur unique extérieur au G7 et à ses pays partenaires ne devra représenter 60 % ou plus de la demande. À plus long terme, l’objectif est fixé à 50 %. Des objectifs similaires doivent également être fixés pour d’autres minéraux critiques.

Bien que la Chine ne soit pas mentionnée nommément dans la déclaration commune déclaration (PDF), ces mesures visent probablement en premier lieu ce pays, qui domine le marché mondial des terres rares et de nombreux autres minéraux. Les contrôles à l'exportation mis en place par la Chine ont, à plusieurs reprises, restreint a compromis la sécurité d'approvisionnement des pays occidentaux et mis en évidence la vulnérabilité de leurs chaînes d'approvisionnement.

Coordination des stocks, définition d'objectifs de recyclage

Le G7 vise également à accroître les stocks nationaux de minéraux critiques et à améliorer la coordination entre les États membres. Le recyclage et l'économie circulaire constituent un autre axe prioritaire. D'ici la fin de l'année, les pays prévoient de définir des objectifs pour certains minéraux critiques ou leurs dérivés.

Une plus grande transparence dans les chaînes d'approvisionnement fait également partie des projets du G7. L'harmonisation et la traçabilité seront dans un premier temps testées pour le lithium et le nickel. Par la suite, ce mécanisme devrait être étendu chaque année à cinq minéraux critiques supplémentaires, en mettant l'accent sur les terres rares.

En matière de financement, le G7 mise sur une coordination renforcée entre les banques de développement, les organismes de crédit à l'exportation et les capitaux privés. D'autres instruments sont également à l'étude, notamment les achats conjoints, les quotas et les prix planchers. Ces derniers ont été un sujet récurrent de débat parmi les pays du G7 ces derniers mois, après que les États-Unis ont garanti des prix minimaux à leur principal producteur de terres rares dans le cadre d’une accord. Cependant, certains pays ont émis des réserves quant à cette approche, Reuters a rapporté, citant des sources diplomatiques.

Participation de l'AIE, de l'OCDE et du JOGMEC

Afin de mettre en œuvre ces mesures et de faciliter les échanges entre tous les pays participants, une nouvelle plateforme sera mise en place. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) apporteront leur soutien à cette plateforme, notamment en émettant des alertes précoces concernant les risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement. En matière de stockage stratégique, le G7 prévoit également de s'appuyer sur l'expertise de la JOGMEC, l'Agence japonaise pour la sécurité des métaux et de l'énergie. Le Japon est souvent cité comme un pionnier dans des chaînes d'approvisionnement résilientes.

L'objectif de 60 % fixé notamment pour les terres rares sera difficile à atteindre, Reuters selon des analystes cités par le journal. Un expert du marché a qualifié la déclaration du G7 de signal important, mais a précisé que le rythme de sa mise en œuvre dépendra en fin de compte du soutien politique, notamment des investissements dans les segments intermédiaires et en aval de la chaîne de valeur.

Ces objectifs rappellent la loi européenne sur les matières premières critiques (CRMA). En vertu de la CRMA, l’UE vise à garantir que, d’ici 2030, sa dépendance vis-à-vis d’un seul pays tiers pour toute matière première stratégique ne dépasse pas 65 %. Lors de l’entrée en vigueur de la CRMA, ses objectifs avaient également été qualifiés d’ambitieux, tandis que la feuille de route pour sa mise en œuvre avait été critiquée pour son manque de concret. Les représentants de l’industrie avaient principalement souligné l’absence de soutien financier adéquat. Cette analyse a été confirmée il y a quelques mois par un rapport de la Cour des comptes européenne, qui a constaté que la réalisation des objectifs était compromise.

Photo : TAGSTOCK1 via Canva

Rawmaterials.net est le premier portail d'information consacré exclusivement aux métaux stratégiques et aux terres rares. Les matières premières stratégiques, qui comprennent les métaux du groupe du platine et les métaux technologiques, ainsi que les terres rares, sont un sujet très discuté.

Les métaux stratégiques et leur potentiel en tant qu'actifs physiques : Découvrez comment diversifier votre portefeuille en fonction de l'air du temps. Inscrivez-vous dès maintenant !