Un nouveau biomatériau présente des résultats prometteurs dans la régénération de la moelle épinière.
Chaque année, on estime que 250 000 à 500 000 personnes souffrent de lésions de la moelle épinière, selon l'Organisation mondiale de la santé. Ces lésions, souvent causées par des accidents, des chutes ou des actes de violence, sont l'une des principales causes de paralysie, avec les accidents vasculaires cérébraux. Cependant, en raison de la structure complexe de la moelle épinière, le traitement reste très difficile. Aujourd'hui, un biomatériau mis au point à l'université chinoise du Sichuan, basé sur le métal précieux qu'est le ruthénium, offre un nouvel espoir.
“La moelle épinière fonctionne comme une autoroute de l'information hautement spécialisée, avec d'innombrables fibres nerveuses dans un espace restreint”, explique le chercheur principal Chong Cheng dans la revue Nouvelles scientifiques avancées. Lorsqu'une lésion survient, la transmission du signal nerveux est immédiatement perturbée, ce qui rend la réparation extrêmement difficile. Les cellules nerveuses ayant une capacité de régénération limitée, les dommages sont souvent irréversibles.
Combattre les dommages secondaires avec un matériau à base de ruthénium
Au-delà de la blessure initiale, les dommages secondaires compliquent encore la guérison. Cheng explique que les espèces réactives de l'oxygène s'accumulent, endommageant l'ADN et provoquant une grave dégradation des tissus en combinaison avec l'inflammation. Jusqu'à présent, il n'existe aucun traitement efficace pour lutter contre ces effets secondaires, en partie parce que la lenteur de la régénération nerveuse rend les études cliniques coûteuses et fastidieuses.
Pour relever ce défi, Cheng et son équipe ont mis au point un matériau composite combinant le ruthénium, l'hydroxyde de cuivre et le collagène. Ce biomatériau innovant est conçu pour réduire l'inflammation et neutraliser l'excès d'espèces réactives de l'oxygène, protégeant ainsi les cellules nerveuses. Bien que d'autres groupes de recherche aient exploré des molécules antioxydantes pour le traitement des lésions de la moelle épinière, la plupart d'entre eux n'ont pas réussi à trouver de molécules antioxydantes. les approches impliquent une administration par voie intraveineuse ou l'injection directe dans le site de la blessure. L'équipe de Cheng pense que sa méthode présente des avantages par rapport aux antioxydants naturels tels que l'enzyme superoxyde dismutase, car elle offre une plus grande stabilité et une meilleure biocompatibilité.
Études prometteuses en laboratoire et sur les animaux
Lors de tests en laboratoire et sur des modèles animaux, le matériau à base de ruthénium s'est avéré plus performant que d'autres substances. Il a réduit de manière significative l'inflammation et la destruction des cellules nerveuses tout en favorisant la réparation des tissus. Après 28 jours, la mobilité des rats traités avec le matériau s'est nettement améliorée par rapport à celle des animaux non traités.
Malgré ces résultats prometteurs, le chemin vers l'application clinique reste long. Les prochaines étapes pour M. Cheng et son équipe consistent à relever les défis techniques et réglementaires et à explorer des partenariats avec des sociétés de biotechnologie en vue d'une éventuelle commercialisation.
Le potentiel polyvalent du ruthénium: Au-delà du traitement des lésions de la moelle épinière, le ruthénium fait des vagues dans d'autres domaines médicaux, tels que recherche sur le cancer. En outre, ses propriétés uniques pourraient jouer un rôle crucial dans des applications émergentes telles que le recyclage des déchets plastiques et durable production d'hydrogène, La Commission européenne a également mis en évidence son potentiel dans le domaine des technologies d'avant-garde.
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