Selon Goldman Sachs, la Chine devrait également dominer le secteur de la transformation dans un avenir proche.
Il est possible de réorganiser les chaînes d'approvisionnement en minéraux essentiels, mais leur traitement reste un défi. C'est là que point de vue de Jared Cohen, président des Affaires internationales de la banque d'investissement Goldman Sachs. Alors que la Chine détenait, il y a dix ans, 97 % des parts du marché de l'extraction et de la transformation des terres rares, ces chiffres sont désormais tombés respectivement à 63 % et à moins de 90 %. De plus, de nouveaux gisements de ce groupe de matières premières sont constamment découverts, par exemple en Suède. Il n'en reste pas moins que les capacités de transformation sont insuffisantes ; seules cinq raffineries situées hors de Chine sont en activité, en cours de construction ou sur le point de reprendre leur activité (au Nevada, en Malaisie, en France, en Estonie et en Australie-Occidentale).
Selon Goldman Sachs Research, plus de 20 projets sont à l’étude à l’échelle mondiale, mais seuls deux ou trois d’entre eux pourraient, de manière réaliste, être mis en service d’ici 2030. Selon M. Cohen, les investissements sont insuffisants, en particulier dans le secteur de la transformation ; l’accent est plutôt mis sur l’exploitation minière et la fabrication de produits finis. En principe, explique-t-il, la construction d’usines de traitement est moins coûteuse que celle d’une mine, mais elle nécessite un savoir-faire important et des machines de pointe. À cela s’ajoutent des enjeux environnementaux, tels que la consommation d’eau et les résidus radioactifs, dont certains sont générés et doivent être traités de manière appropriée.
M. Cohen estime que le secteur public, mais aussi le secteur privé, ont le devoir d’investir tout au long de la chaîne de valeur. Cela vaut aussi bien pour les processus industriels que pour la formation de main-d’œuvre qualifiée. Il convient de garder à l'esprit qu'aucun pays ne peut être autosuffisant, de l'exploitation minière au produit fini, car tant la Chine que les États-Unis importent de grandes quantités de matières premières, bien qu'ils disposent de ressources minérales considérables. Ce sont donc des stratégies et des partenariats mondiaux qui sont nécessaires.
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