La conférence sur les matières premières organisée par le BGR et le GERRI a débuté à Hanovre.
L'Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles (BGR) et le Réseau allemand de recherche sur les ressources naturelles (GERRI) ont organisé une conférence conjointe sur les matières premières ce mardi et ce mercredi. Le thème central porte sur les défis qui se posent sur la voie de la neutralité climatique dans le domaine de l'approvisionnement en matières premières. Et ces défis sont considérables, tant pour l'Allemagne que pour l'Europe, comme l'a souligné le président du BGR, le professeur Ralph Watzel, dans son discours de bienvenue. Pour une transition vers la neutralité climatique, des chaînes de valeur résilientes sur le plan de la compétitivité revêtent une importance capitale.
Dans son discours d’ouverture, le Dr Volker Steinbach, vice-président et directeur du département des matières premières au BGR, a évoqué un tournant dans l’approvisionnement en matières premières. Pour la première fois depuis la crise pétrolière des années 1970, la question de la sécurité d’approvisionnement en matières premières fait à nouveau l’objet d’un débat public. Dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la dépendance vis-à-vis des importations de gaz russe, le premier défi consiste à garantir l’approvisionnement énergétique de l’économie et de la population. Le deuxième défi est d’assurer l’approvisionnement en matières premières pour la transition énergétique. Il ne faut pas créer de nouvelles dépendances dans ce processus. M. Steinbach a pris l’exemple de l’énergie éolienne pour illustrer l’énorme demande en terres rares et autres matières premières critiques. Rien qu’en 2020, plus de 3 % de la production mondiale de terres rares ont été consommés pour son développement, ainsi que près de 4 % de la production mondiale de zinc, entre autres. La mise en œuvre des objectifs climatiques internationaux s’accompagnera d’une augmentation exponentielle des besoins en nombreuses matières premières.
Cependant, l'Allemagne se trouve actuellement dans une situation très défavorable en ce qui concerne les matières premières nécessaires à la transition énergétique, car ni l'exploitation minière ni le raffinage n'y sont pratiqués. Il faut que cela change et que l'ensemble du secteur soit développé de manière durable.
Mme Franziska Brantner, secrétaire d'État parlementaire au ministère fédéral allemand de l'Économie et de la Protection du climat, a également prononcé un discours de bienvenue. Elle a souligné l'importance des critères de durabilité lors de la mise en place de nouvelles chaînes d'approvisionnement. Elle a également évoqué le potentiel de recyclage qui n'a pas encore été exploité, notamment dans le cas des terres rares. Par ailleurs, la recherche en matière de substitution doit être poursuivie.
Mercredi, Thierry Breton, commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, devrait participer à la conférence. La question de la sécurité d'approvisionnement en matières premières devrait donc avoir atteint le plus haut niveau politique en Europe.
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