Pression concurrentielle exercée par la Chine et les États-Unis : Bruxelles met l'accent sur la réduction des formalités administratives et le renforcement des partenariats dans le domaine des matières premières.
Avec un Boussole de la compétitivité, la Commission européenne entend mener l'Union vers la puissance économique et technologique. La stratégie, dévoilée mercredi, s'articule autour de trois axes principaux : l'innovation, la décarbonisation et la sécurité. Ce dernier axe porte principalement sur l'approvisionnement en énergie et en matières premières, qui doit être assuré grâce à des partenariats avec d'autres pays.
Selon la Commission, ces objectifs peuvent être atteints en partie grâce à la simplification et à la réduction des obstacles réglementaires. Les petites et moyennes entreprises (PME) pourraient bénéficier d’un allègement administratif pouvant atteindre 35 %. La stratégie met également en avant la plateforme d’achats conjoints pour les matières premières critiques, une initiative introduite pour la première fois dans la loi sur les matières premières critiques, que la Boussole de la compétitivité pourrait, selon certaines sources, être lancé au cours du deuxième ou du troisième trimestre de cette année.
L'UE se retrouve de plus en plus prise entre le L'Amérique d'abord les politiques de l'ancien président américain Donald Trump et les mesures d'incitation généreuses accordées par la Chine à ses fabricants nationaux. Face à la concurrence des véhicules électriques de fabrication chinoise, nettement moins chers, Bruxelles impose actuellement des droits de douane protecteurs. Des mesures similaires sont également à l'étude pour l'industrie sidérurgique, comme l'avait précédemment rapporté Handelsblatt.
Le document stratégique qui vient d'être présenté est également considéré comme une réponse à la Rapport Draghi. L'ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, chargé par la Commission européenne d'évaluer la compétitivité de l'Union, a rendu un rapport critique, notamment en ce qui concerne l'approvisionnement de l'UE en matières premières essentielles.
L'UE ne dispose pas d'une stratégie globale couvrant toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement (de l'exploration au recyclage) et, contrairement à ses concurrents, l'exploitation minière et le commerce des matières premières sont largement laissés aux mains des acteurs privés et du marché
Mario Draghi : L'avenir de la compétitivité européenne - Analyse approfondie et recommandations
Photo : corelens via Canva, montage preview.rohstoff.net/